Francès

Je me rétracte à chaque corps

que la mémoire fossilise.

Et je suis celui qui naît

et vous ouvre nœud à nœud,

de la lèvre au cou,

                                       jusqu’à l’écaille.

Qui vous déshabille et déterre.

Qui ose votre tact

avec l’eau violente du mot.

Que la voix arrive,

                                               t’affleure

dans le danger d’inonder

notre gisement vague du souvenir.

Traduction: Dolors Català

Em desdic en cada cos

que la memòria fossilitza.

I sóc aquest naixent

que us esberla grop a grop,

del llavi al coll,

                                   fins a l’escata.

Que us despulla i desenterra.

Que us gosa el tacte

amb l’aigua violenta del mot.

Que la veu succeeixi,

                                   t’aflori

en el perill d’inundar-nos

el jaciment inconcret del record.

Touche ma peur entière :

c’est une larve

qui creuse des galeries

dans le boisage corrompu

de la poitrine.

                                   Ma quille se déchire.

La côte cède déjà. Lacérée,

la main de la rame

se coupe en deux.

Et elle a ce profil :

celui d’un cri qui défaillit

et qui vole en éclats,

qui dit, encore,

comment

vais-je traverser la crue,

pourquoi

tant de mots

avant de fendre

la rive de ton corps.

Traduction: Dolors Català

Toca’m la por sencera:

és una larva

que excava galeries

al fustam corromput

del pit.

                        Se m’esqueixa

la quilla. Ja cedeix

la costella. Lacerada,

es migparteix

la mà del rem.

I té aquest perfil:

el d’un crit que es candeix

i que s’estella,

que diu, encara,

com

creuaré la riuada,

per què

tantes paraules

abans de fendir

la riba del teu cos.

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